lundi 25 mai 2015

AUJOURD'HUI DANS TRISTE MONDE TRAGIQUE #24

Internet connaît ses grandes phases de débat que je suis généralement avec plus de lassitude que d'intérêt. La dernière en date qui m'interpelle plus que les autres concerne le selfie instagram qui divise l'opinion en deux grosses catégories : ceux qui comme moi ne pigent pas les bienfaits de cette pratique et cette obsession soudaine pour la vanité quotidienne, et les autres qui culpabilisent de s'y adonner et qui trouvent des arguments particulièrement louches pour se justifier.

Je suis un peu sceptique quand je lis par exemple qu'un selfie posté est un pas de plus vers l'appréciation de soi, une contribution à la thérapie de son amour-propre et qu'il n'y a rien de plus beau que d'exprimer son narcissisme le plus fréquemment possible, la preuve inconditionnelle d'une guérison avec son propre reflet.


Je suis fascinée de lire qu'après des dizaines, des centaines d'années de mal-être universel et de recherches psychanalytiques le traitement est finalement sur la table, il suffisait d'offrir au peuple un smartphone pour qu'il puisse se photographier le plus facilement et souvent possible pour trouver approbation, satisfaction... en un objet inanimé

On pensait que l'humain était une chose complexe à disséquer et que le chemin de son bien-être nécessitait sans doute d'avantage de curiosité et d'investigation pour approcher un début de vérité. Pas du tout! La réponse se trouvait depuis tout ce temps sous nos yeux...dans une comptine pour enfant datant de 1812. Pour des gens qui semblent avoir beaucoup d'estime d'eux-mêmes, c'est finalement dommage de se rendre compte que leurs maux se résolvent par si peu, en essayant de persuader tout le monde que "c'est sain et qu'ils vont bien", en se comportant comme le personnage le plus cinglé des frères Grimm.


J'ai lu beaucoup d'articles sur le sujet pour essayer de comprendre cette attitude qui m'échappait, cette pratique qui détourne selon moi tout le monde de l'épanouissement qu'il recherche ardemment. Seul l'article de Venus Velvet a trouvé grâce à mes yeux.

J'ai beaucoup aimé sa manière de comparer le selfie à "une victoire sur la mort, la preuve que nous sommes là encore pour au moins quelques heures." qui m'a semblé l'élément le plus cohérent, le plus honnête (et le plus triste?) dans tout ce débat.  Mais aussi lorsqu'elle explique "J'ai donc commencé les selfies, ces images de nous même, faites rapidement avec le téléphone, des images inutiles et profondément narcissiques, qui crient juste "Regardez-moi! J'existe! Ne m'oubliez pas, et cliquez deux fois!", que je connais, que je comprends, que je pardonne. L’entièreté de son article qui offre beaucoup d'autres pistes intéressantes et parfaitement rédigées peut être consulté ici, si approfondir le sujet vous intéresse.

En espérant que tout le monde finisse un jour par lâcher prise et comprenne qu'en essayant de se mesurer à internet, on ressort toujours perdant. Et en finissant par une démonstration dont chacun tirera ses propres conclusions:

Il m'a fallu 20 essais pour être satisfaite de cette photo.
Pour celle-ci il ne m'en a fallu qu'un.


Today I am dirty / I want to be pretty / Tomorrow, I know I'm just dirt
Fear the nobodies/ Wanna be Somebodies /We're dead, We know just who we are.

jeudi 21 mai 2015

LIEBSTER AWARD, JOHN BURNSIDE AND PUNISH YOURSELF


J'ai été taguée par Apia Lawreen dans le cadre des Liebster Award et de ses blogs préférés.
Si vous ne connaissez pas son blog je vous conseille vivement d'y jeter un oeil, en plus d'être probablement la plus belle fille que j'ai sans doute jamais vue, elle manie les mots avec un tel brio qu'il est impossible de la lire sans être un tantinet jalouse.

Hey Apia! Thanks for the tag and for thinking of me, I'm really glad to read you like my blog, it's a real compliment to me as I find you really interesting! I took some liberty about the rules and decided I would only answer your questions, which are the most interesting in this process! Since this blog is mostly about me and my life, saying 11 things about me seems a little redundant. Sorry for my bad english, I hope it won't burn your eyes too much.

Je ne suis pourtant pas avide de tags en général et encore moins des Liebster Awards pour des raisons tout à fait triviales : il y a des règles  à suivre et je n'aime pas qu'on me dise ce que je dois faire j'ai donc pris toutes les libertés d'ignorer certaines d'entre elles, et l'aspect question/réponse nique systématiquement ma mise en page, ce qui a tendance à sincèrement m'agacer. Je trouvais néanmoins que les questions avaient du sens et offraient de belles pistes de réflexion,une belle perche que je saisis aussi pour évoquer des choses peut-être un peu plus personnelles, ce qui vient à manquer par ici. Aussi, deux articles que je n'arrive pas à rédiger trouvent des opportunités d'être tapés ici, ce qui me permet de faire d'une pierre trois coups.

1. What qualities do you find appealing in a person?

J'aime les personnes humbles, patientes, généreuses, aventureuses, fragiles,
avec un sens accru du doute et une forte tendance à témoigner de la gratitude.

I like modesty, patience, generosity, adventurous but also fragile
 people that doubt themselves and show a lot of gratitude.

2. Who is your favorite artist?

C'est une question un peu vague et surtout en proie à des changements constants. Je dirais probablement Chiharu Shiota pour les arts plastiques, Lars Von Trier pour la réalisation, Amenra d'un point de vue musical, Tony Sandoval pour la bande-dessinée.

The question is pretty vague since it's quite hard to pick only one person, my preferences evolve a lot with time. For plastic arts I really admire Chiharu Shiota, I have a thing for Lars Von Trier as a director, Amenra is probably my favourite band at the moment, and Tony Sandoval is a comic book genius in my world.

Chiharu Shiota

Amenra

Tony Sandoval

3. Is there something you regret?

Je suis en 27 ans d'existence au point le plus élevé sur mon baromètre du bonheur,
donc je ne regrette rien.Je pense que la moindre petite décision différente de celles que j'ai pu faire auraient abouti à un résultat diamétralement opposé, ce qui serait malheureux puisque j'ai les amis dont j'ai toujours souhaité et l'amour dont j'ai toujours rêvé.

I'm not regretting anything since I'm really happy at the moment. If I did things differently I wouldn't know the people I love and friends I have today, which would be terrible.

Si je devais répondre en laissant la destinée et les impacts de nos décisions de côté et en abordant la question d'un point de vue purement objectif il y a deux sujets pour lesquels je pourrais néanmoins émettre des regrets. Le premier concerne mes études, et le deuxième mon parcours dans le tatouage. Ces deux aspects que je placerais dans la catégorie "si c'était à refaire" sont pourtant des regrets liés à mon expérience, et pour lesquels il aurait été impossible de rectifier le tir étant plus jeune. Je n'aurais pas pu le savoir à moins d'avoir un entretien avec un moi futur et mes actes par cette impasse sont voués à cette irréversibilité, il faut malheureusement se tromper pour s'éduquer.

But if I had to answer in the most objective way without thinking about the consequences of changing my acts, I would have love to have a different path in terms of education and tattoos. I'm realizing a bit late that I would prefer a job more physical and useful that gives me way more satisfaction than working on a computer.

Cependant, si la possibilité de conseiller le moi d'il y a 10 ans était envisageable, je lui dirais plusieurs choses. La première et la plus évidente, c'est qu'on n'est pas la même personne à 20 ans et 30 ans, et qu'en ça les vocations que l'on choisit dans le berceau n'ont plus rien à avoir avec ce qui nous anime 10 ans plus tard. La graphiste qui reste 8 heures par jour à son bureau se rend compte qu'elle préférerait sans doute un métier plus manuel, peut-être au grand air, quelque chose de plus utile mais aussi terre à terre.


Je suis vraiment triste qu'on ne m'aie jamais informé des possibilités qui s'offraient à moi et qu'on ne m'aie pas exposée plus jeune à d'avantage d'activités. J'ai découvert très tard par exemple que j'aimais beaucoup travailler le bois et que les travaux "physiques" me donnaient beaucoup plus de satisfaction que ceux effectués derrière un écran. Des révélations tardives dont j'aurais préféré prendre conscience lors de ma première année d'étude et non pas après bientôt deux ans dans le métier.

I'm sad thinking I should have experienced more things while I was young, maybe I would have discovered what I was truly meant for and what was important for me and what was not. A part of me is persuaded that you learn these things only with time and experience and I'm confused about the fact you need to choose a career too young when you don't know much about yourself.

Je croise parfois quelques personnes qui me parlent de leur parcours et je suis estomaquée d'entendre des options d'études fabuleuses dont je n'imaginais pas du tout l'existence et pour lesquelles j'aurais peut-être été douées.Au lieu de toute ma vie devoir choisir entre la peste et le choléra, persuadée d'être une inadaptée, il y avait en fait des concordances envisageables dans les recoins cachés d'une personnalité que je ne cernais pas encore très bien et trop peu de vécu pour pouvoir me connaître.

Quant au tatouage, les avertissements avec lesquels on vous sermonne étant jeune ont lieu d'être, mais leur contenu est complètement erroné. J'aurais d'ailleurs préféré, à la place des adultes rigides qui me bassinent sur l'irréversibilité et la marginalisation de mes actions, tomber sur quelqu'un de très tatoué et qui me donne des conseils appropriés. A savoir qu'il faut attendre, notamment. Non pas pour voir si on change d'avis, mais pour se donner les moyens de faire les choses bien et proprement. D'avoir un salaire ou un montant décent, une fois de plus pour se donner des "possibilités", pour ne pas se limiter et avoir le choix. Se donner la chance d'aller chez un artiste qui nous corresponde même s'il est à l'autre bout de la planète et ne pas se contenter d'un salon de tatouage local, par dépit.

About tattoos, warnings about them were inaccurate, said by adults that didn't understood me and only gave me shitty advices. If only I could have met someone really tattooed that told me I should wait, not to see if I would change my mind, but to have the opportunity to choose artists from all round the world and have enough money to do things properly, I would have listened. It's a mistake to do things too early, looking for people that truly speaks to you without boundaries is the best quest I experienced in the body modification process, I should have done this from the start. 

Et d'accepter aussi cet avertissement impensable mais réel, celui qu'on refuse d'avaler : qu'on sera plus tard quelqu'un de différent. On m'a dit que ce ne serait qu'une phase, et que plus tard je regretterai. Si on m'avait dit la vérité pourtant, j'aurais écouté : il ne faut pas gaspiller de la peau trop tôt, pour pouvoir la remplir plus abondamment par après.

4. Is there something you miss?


Lire. Depuis que je travaille et que je ne prends quasiment jamais plus les transports en commun le manque de temps ne me laisse même plus de quoi entamer une bande-dessinée. La seule occasion pour m'y remettre que je n'ai pas manqué de saisir fût celle d'être enfermée 40 heures dans un avion afin de terminer le seul ouvrage sur lequel j'ai eu l'occasion de me pencher cette année. Heureusement j'avais tapé juste, en choisissant d'approfondir l'oeuvre de John Burnside qui m'avait hallucinée avec son excellent livre "Scintillation", l'année précédente.

I miss reading. I don't have any time to read since I'm working. The only opportunity I had recently was taking the plane for 40 hours while going to Korea. I chose to read an other book from John Burnside who wrote "Glister" which was astonishing to read, so I was pretty confident with my choice.

Je compte sur les doigts d'une main les auteurs qui m'ont convaincue de lire plus d'un de leurs ouvrages, mais quand c'est le cas, c'est l'amour fou. Dernièrement The Uggle Eyes évoquait les livres qui avaient changé sa vie en se demandant curieusement quels seraient les miens. Je préfère lui citer les auteurs qui m'ont conquise et dont j'ai lu la majorité du répertoire, un bien meilleur indicateur de qualité à mon goût que quelques ouvrages disparates appréciés au gré du temps. Il y a Chuck Palahniuk, Poppy Z. Brite, Laura Kasischke, Gillian Flynn, j'ai bon espoir pour Susan Fletcher, et dernièrement donc John Burnside.

When I'm buying several books from the same person it's quite rare and it is a good sign, it means I found someone special that gives me the impression the book is only written for me. I have only five people that make me feel this way : Chuck Palahniuk, Poppy Z.Brite, Laura Kasischke, Gillian Flynn, and now John Burnside is added to the list, since his writing is exquisite.

J'ai décidé de prendre en Corée son dernier en date, "L'été des noyés",
notamment à cause du contexte qui collait parfaitement à mon humeur et à ma personnalité :

"Dans une île du nord de la Norvège, un endroit désert, magnifique et spectral où l’été est miraculeusement doux et radieux, Liv vit avec sa mère, un peintre qui s’est retiré là en pleine gloire pour mieux travailler. Son seul ami est un vieil homme qui lui raconte des histoires de trolls, de sirènes et de la huldra, une créature surnaturelle qui apparaît sous les traits d’une femme à l’irrésistible beauté, pour séduire les jeunes gens et les conduire à affronter les dangers et la mort. Noyades inexplicables et disparitions énigmatiques se succèdent au cours des nuits blanches de cet été arctique qui donne aux choses un contour irréel, fantasmagorique. Incapable de sortir de l’adolescence et de vivre dans le monde réel, Liv erre dans ce paysage halluciné et se laisse dangereusement absorber dans la contemplation des mystères qu’il recèle."

John Burnside tel que Kasischke excelle dans la poésie et le plaisir de la lecture est donc assez similaire, les yeux glissent sur le papier, et les mots s'imprègnent sans le moindre effort. L'auteur me surprend toujours par sa manière très étrange de clôturer ses histoires et beaucoup hurleraient sans doute de frustration alors que je me laisse couler et bercer jusqu'à la dernière ligne sans demander mon reste, hypnotisée. En bref, j'adore John Burnside, il me tarde d'acquérir ses autres livres. Il est l'une de ses rares personnes qui parmi des montagnes de papier a su m'accrocher dès la première ligne en me laissant cette impression délectable que chacun de ses livres a été écrit pour moi,un plaisir fort rare que je recherche pourtant ardemment pour allonger ma courte liste d'élus.

I really enjoyed to read "Summer of Drowning", the context of this book spoke to me immediately.
Maybe it would be the same for you?:


"At a critical point in her career, painter Angelika Rossdal suddenly moves to Kvaloya, a small island deep in the Arctic Circle, to dedicate herself to the solitary pursuit of her craft. With her, she brings her young daughter, Liv, who grows up isolated and unable or unwilling to make friends her own age, spending much of her time alone, or with an elderly neighbour, Kyrre Jonsson, who beguiles her with old folk tales and stories about trolls, mermaids and -- crucially for the events that unfold in the summer of her eighteenth year -- about the huldra, a wild spirit who appears in the form of an irresistibly beautiful girl, to lure young men to their doom."

5. What's your ideal image of absolute happiness?


6. What would you consider the ultimate level of misery?

Perdre mes 5 sens.
Losing my 5 senses.

7.  What is your present state of mind?

Me remettre du jetlag et changer ma couleur de cheveux.
Getting over jetlag and change my hair color.

8.  When was the last time you felt extraordinarily happy?

Il y a deux semaines, au millioniène étage de l'appartement de Yoonmi à Séoul. C'était notre dernière soirée en Corée, nous sommes venus dire au revoir. Alors que je pensais qu'elle allait dire "Bon débarras!" elle s'est mise à pleurer à chaudes larmes et je me suis rendue compte qu'en une semaine à peine, nous étions devenues amies.

In Seoul, two weeks ago. We went for supper to say goodbye on our last night in Asia, the girl I met over there started crying as we were leaving and I found out we became friend in only a week.

9.  What is the most outrageous thing that you have ever done?

Tenir une discussion avec un chien sur le fait que mes amies étaient toutes
 des connasses lors de l'une de mes rares cuites d'adolescence.

Having a discussion with a dog about my shitty friends in my teens,
 a night I was way too drunk.

10. Which is your favourite quote?


D'un film que je n'ai vu qu'une seule fois il y a bien 10 ans, j'ai été assez percutée par une parole de Tura Satana dans "Faster Pussycat Kill! Kill!". "I never try anything I just do it." est probablement ma citation préférée, parce qu'elle colle parfaitement à ma personnalité. Il y a très peu de chance par exemple que je décide de me remettre à la lecture d'un livre que j'ai abandonné en cours de route, que je recommence un jour un plat qui aurait échoué, que je fasse des tests de mèches de couleur de cheveux, que je retourne prendre des photos d'un endroit même si je me rends compte en rentrant que je n'en ai pas exploité l'entière possibilité.  

Favourite quote is from movie "Faster Pussycal kill! kill!" : "I never try anything. I just do it. " It matches so well my personality and is really relevant about me. It has some advantages in some situations, but can be bad in others. I'm considering having my driving licence and every time I fail is a temptation for me to turn my back, walk away, and never try again to drive a car in my life.

Si cela peut avoir ses avantages dans certaines situations (en urbex je suis déjà en train d'enjamber une fenêtre cassée tandis que les autres évaluent pendant de longues minutes la situation), dans d'autres circonstances c'est carrément handicapant. Je pense notamment à mon permis de conduire que j'aimerais vraiment passer avant mes 30 ans mais qui s'avère être une insurmontable épreuve au vu de ce trait de caractère, je dois mordre sur ma chique et chaque difficulté me donne juste envie de me retourner, tracer ma route et de ne jamais réessayer une seule fois dans ma vie de démarrer une bagnole sans bloquer.

Au dernier concert de Punish Yourself qui était en passant d'une authenticité et d'une beauté insoutenable, j'ai été particulièrement surprise d'entendre une chanson à côté de laquelle je suis passée pendant des années qui démarre sur cette réplique de Tura Satana et qui est dorénavant mon morceau favori tant la mélodie est obsédante et les paroles sont fabuleuses.

I was intrigued to discover at the last concert of  Punish Yourself -a band I truly adore-, a track I never heard of that begins with this quote. The song became immediately one of my favourite, the melody is captivating and the lyrics really intriguing.


The worms eating her october / Were crawling since september/ They try to sneak at night
But I know/ She'll find some shelter/ The worms that ate her october,
Until that final third of november/ These days wound time so hard
But she'll be stronger and stronger and stronger (It's just two words away...)

The worms eating her october/ Were crawling since forever
I tore the wound open/ But I know she/ Already found a new kind of shelter
Time is on her side/ She's stronger than anyone or
Anything she's so so so so stronger than me
I betrayed you/ I told the truth/This truth was stronger/ Than betrayal
Why did I do?/Why did I wait? Fuck me!


11. Do you travel?  If so, which has been your favourite destination so far?

Oui, je crois que j'ai été dans 5 pays différents cette année! Je rattrape la décennie perdue comme je peux et essaye d'étancher ma soif de voyages mais il semblerait qu'au plus je bouge, au moins j'arrive à rester en place... Élire une destination favorite est assez difficile mais je pense que ma favorite reste le cap Nord en Norvège, le point le plus près du pôle Nord d'Europe en plein territoire du soleil de minuit qui offre une vue splendide sur les paysages arctiques, si vous avez de la chance. Je me souviens de chaque moment précis de cette journée,des vêtements que je portais à ce que j'ai mangé ce jour-là, tant elle m'a marquée.

Yes, I travel quite often, I think I've been in 5 different countries this year, moving and discovering has becoming a serious addiction, I can't stay in place! It's hard to pick the best place I've been but I'll go for the north cape in Norway. It's the closest point to the north pole In Europe and home of the midnight sun in summer. This day was so special I remember everything about it,
from the clothes I wore to what I ate that day.


Nordkapp, Norway.

mercredi 29 avril 2015

SEOUL & ESBEN AND THE WITCH

Je pars 10 jours en Corée! A mon retour il faudra qu'on discute sérieusement des autoportraits que certains d'entre vous devront m'envoyer pour la blogroll du nouveau blog.


Sinon, aujourd'hui j'ai découvert Esben & The Witch.



Caytou.

mercredi 22 avril 2015

LAST MONTHS IN PICTURES

Un retour en arrière sur ces derniers mois qui furent assez silencieux sans que je ne me l'explique vraiment (ah si, je refais absolument tout chez moi,cela doit être une bonne raison). J'ai ces quelques phases de profonde apathie (après les grands moment d'émotion?) dans lesquelles j'ère et où je n'ai d'autre option que d'attendre que le brouillard se soulève pour pouvoir mettre des mots et des images sur des souvenirs qui se dissipent déjà. 

Premières photos avec un bond en arrière de trois mois, lors du nouvel an avec Juju qui nous est revenu de Londres juste pour l'occasion. Nous avons regardé les feux d'artifice au bord de la mer, dégusté une raclette et joué à des jeux de zombie une bonne partie de la nuit en compagnie d'Hélène, Hughes et Elodie...c'était chouette!


Quelques sorties urbex ont occupé certains de mes week-end par la suite. La première était tout à fait fortuite puisque c'est en me rendant à un repas familial auquel je n'avais pas du tout envie d'aller que nous sommes passés devant un immense internat à l'abandon, la journée n'a plus semblé si mauvaise par la suite. Au premier coup de fil de Micheline pour nous exprimer son manque d'aventures, nous sommes allés l'explorer, et le terrain de jeu ne nous a pas déçu!


J'ai particulièrement apprécié l'accessibilité facile des toits qui a permis de faire de belles scénographies (= comprendre où j'ai posey.) Une partie de ceux-ci était complètement calcinée ne laissant qu'une écorce noire et une structure de cendre très impressionnante où toute ma gloire à Satan a pu s'exprimer. Un collègue qui habite dans le coin m'a dit qu'ils avaient entamé les travaux de démolition/rénovation peu après ma venue. Mon projet d'y retourner pour y organiser des barbecues sauvages sur les toitures en été sont donc annihilés pour de bon.

Le deuxième spot digne de ce nom était sans aucun doute le sanatorium de Basile, dans la Wallonie profonde, sur une recommandation de Juju qui avait eu l'audace et surtout l'impudence de demander à l'un de ses contacts Facebook où le lieu se situait. Celui-ci lui a répondu d'aller se faire foutre comme tout urbexeur qui se la pète se respecte. On a trouvé le lieu en deux minutes. Ça me fait toujours rigoler de voir que l’ego des gens ne tient qu'à une simple recherche Google.

Il n'y avait pas une once de neige de prévue à Bruxelles le jour de notre périple, mais lorsque nous sommes arrivés dans les vallées du sud du pays, de gros flocons ont commencé à former un épais manteau blanc, rendant notre objectif périlleux et acrobatique. J'ai rêvé la Belgique ce jour-là, n'ayant jamais vu de paysages et de tableaux aussi époustouflants que ceux que nous avons parcouru pour atteindre notre destination. J'ai passé tout le trajet collée à la vitre avec l'impression d'être dans des montagnes de l'autre bout de la planète. Le brouillard des vallées, le blanc des sapins, le silence des petites chapelles cachées en forêt m'a donné des frissons et l'atmosphère et le calme étaient exceptionnels. Je dois admettre avoir été profondément mal à l'aise du début à la fin de notre parcours. Nous étions si seuls dans cette immense carcasse que chaque battement de porte m'a donné des haut-le-coeur, chaque crissement m'a retourné l'estomac. J'avais mon argentique avec moi donc je n'ai pas beaucoup de clichés pour illustrer mes propos. Voici néanmoins un paysage représentatif de mon émotion:


Et un témoignage des conditions atmosphériques superbes de ce jour-là:


Sur un fond d'un des meilleurs morceaux de black metal jamais composé, c'est encore mieux:


Janvier fût un mois assez chargé en voyages, découvertes et émotions. Il faut toujours que je vous parle de Cracovie, cette ville qui fût un coup de coeur énorme, inattendu, et qui en fait contre toute attente l'un de mes endroits préférés sur la planète:


Il faudrait aussi que je vous parle plus en détails de l'anniversaire anthologique d'Ophélie. En août passé nous nous étions dit à l'année prochaine pour une nouvelle nuit estivale de folie sur son terrain, et c'est pourtant déjà la troisième fois que nos routes se croisent entre ces deux événements. Je crois que je peux dire qu'on s'aime bien?


L'exposition sur les Vikings au musée Gallo-Romain m'a permis de découvrir un petit bout de Tongres (et de "tomber" sur la superbe église Read between the lines à proximité). Cette sortie culturelle était grisante, pédagogique et inspirante. Je me suis particulièrement intéressée à l'orfèvrerie et les superbes pièces présentées m'ont encouragée à me donner les moyens de me lancer dans un domaine dans lequel j'avance péniblement : la technique de la cire perdue.


Je suis tombée à Tongres sur une plante poilue que je retrouve fréquemment aux abords des quais de gares extérieures. Si quelqu'un sait de quoi il s'agit qu'il se manifeste, je n'arrive pas à trouver le nom de cet étrange spécimen à l'allure assez aérienne et qui ressemble étrangement à une sorte de dérivé de pissenlit.


Je me suis aussi rendue pour la première fois au Trolls et Légendes de Mons, qui fût encore plus décevant que ce que je m'imaginais et qui est un rendez-vous qui décidément ne me ressemble pas du tout. Pour un événement qui se veut pourtant très populaire, j'ai été très déçue par la petitesse du lieu d'exposition et par le grand foutoir thématique qui oscille entre marché médiéval-jeux de société-littérature fantastique-orfèvrerie-cosplay-concerts folk et qui par sa polyvalence donc n'excelle en rien du tout et sers du bas de gamme à tout niveau. J'ai quand même passé une après-midi formidable avec les copains, vautrée dans l'herbe, à déguster des chaussons aux pommes artisanaux et à grignoter du saucisson fraîchement acheté, pas mécontente d'avoir trouvé un prétexte pour sortir en mars (mais en ressortant assez déçue de Mons Expo au final).

Je croise de plus en plus de loups sur les marchés (ou peut-être je ne les remarque qu'à présent?) et l'effet est toujours aussi saisissant à leur approche. Un collègue m'a parlé d'un photographe avec lequel il avait collaboré dans le passé qui en possédait un, et la liste d'emmerdes éventuelles et de conditions auxquelles il est préférable de répondre est bien sûr infinie. J'aime pourtant caresser le fantasme d'en posséder un dans cette vie (lorsque j'aurai le permis, une maison de campagne et que je serai mon propre patron. Vers 90 ans peut-être?)


Plus récemment, le festival Roadburn était absolument fabuleux. Hughes ne m'avait pas menti lorsqu'il m'avait vanté ses mérites en stipulant que c'était de loin son festival préféré. Nous avons pourtant débarqué par l'autoroute hollandaise la plus immonde jamais construite qui me laissait présager le pire, mais arrivés à Tilburg le charme a immédiatement opéré. Le public était respectueux et chaleureux, l'infrastructure des salles était brillante, le son était parfait, et personne ne m'a cassé les burnes pour mon appareil photo ou parce que je parlais français. 

Ce que j'ai préféré par dessus tout c'est probablement l'ambiance de la bourgade qui pendant quatre jours vit complètement au rythme du festival. La petite ville est infestée de metalleux, il y a 90% de corbeaux pour 10% de gens normaux et cela ne semble emmerder personne, tous les commerces se calquent sur l'événement en vous accueillant à bras ouverts sans vous jeter un regard de travers. J'ai ressenti un vif plaisir pour des choses simples : à me promener par exemple dans les rues de Tilburg, totalement à l'aise, ou à manger un vrai repas en terrasse au milieu d'autres profils comme le mien. Un véritable sentiment de bien-être m'a envahi dans cette petite ville qui matérialisait mon monde en chair et en os, et pour la première fois une sensation de vacances s'émanait d'un festival. 


Le roadburn est tellement différent des énormes plaines arides et impersonnelles où le public s'amasse comme du bétail en mangeant un bout de pizza froide sur la terre battue, et j'ai regretté ne pas pouvoir profiter de cette magie et de ces conditions exceptionnelles plus longtemps. Nous avons séjourné à quelques kilomètres de là dans un hôtel d'Oisterwijk qui fût un véritable enchantement. Situé en plein milieu de la forêt, l'établissement Meneer Van Eijck est la matérialisation même du paradis, de toutes mes inspirations et reflète sans doute au plus proche ma conception du bonheur immobilier et du havre de paix. J'ai tout observé, tout retenu, et en me mordant violemment pour ne pas pleurer lorsqu'il fallait partir je me suis promis une seule chose: revenir.

Seb a effectué le premier volteface routier instantané lorsqu'entre le festival et l'hôtel j'ai hurlé en voyant d'étranges enclos en bord de route. Je croyais que le patelin et moi partagions juste une vision similaire de la décoration d'intérieur, avant de percuter qu'il y avait apparemment une vraie passion  dans le coin pour les cervidés de manière générale:


Quant à Wardruna qui était finalement la raison initiale de tout ce déplacement (et à l'origine de toutes ces découvertes!), je n'ai probablement pas le vocabulaire suffisant pour décrire cette expérience dignement. Le workshop d'Einar n'était pas du tout comme je l'avais imaginé, l'échange fût beaucoup plus proche et intimiste que ce que j'avais anticipé, surprise de me trouver à deux pas de la petite scène et non dans une grande salle de conférence. Plus qu'une démonstration simpliste des instruments anciens qu'il chérit, le norvégien a évoqué avec beaucoup d'intelligence son passé dans le black metal, beaucoup d'émotion son approche de la musique, et offert quelques bribes a cappella de morceaux de Wardruna qui m'ont secouée de tremblements.

Le live dans la grande salle en soirée n'était pas un concert, mais un pèlerinage, un lieu de culte, une expérience. En me retournant à la moitié beaucoup de personnes vivaient la chose en transe les yeux fermés. Une fille s'est d'ailleurs effondrée en larmes la représentation finie (la drogue, les amis!). J'étais tellement émue moi-même que je n'ai pas trouvé cela très étonnant. J'ai été particulièrement surprise et soufflée par la voix, la présence et la beauté de Lindy Fay Hella auxquels les enregistrements ne font vraiment pas honneur, c'était comme si je l'entendais pour la première fois, et quelle première fois!



Le roadburn était une petite aventure pour moi, une bien plus grande pour d'autres. Je suis tombée sur deux visages d'internet du bout du monde que je suis très régulièrement que je respecte et qui m''ont beaucoup apporté par le passé. En les croisant j'ai d'ailleurs complètement rejeté l'idée que cela pouvait être elles (avant de les stalker les jours qui suivent et que mon talent pour la physionomie se confirme pour de bon). En effet, qu'est-ce qu'une israëlienne fan de folk et de pagan ferait en Hollande?


Et qu'est-ce qu'une américaine comme Kim Grim Kelly qui bataille beaucoup pour les filles dans le milieu du metal peut bien foutre en Europe?


Quand je croise toutes ces personnalités intercontinentales qui n'hésitent pas à parcourir la moitié du globe pour un festival alors que je me tâte par exemple pour le Midgardsblot qui a l'ai absolument fabuleux (un festival avec Myrkur dans un bâtiment viking d'époque, nom d'une pipe!) parce que le trajet jusque Oslo (et le budget aussi) me décourage. Je suis nulle.


Au niveau culturel, le BIFFF était une fois de plus anthologique cette année. Le passer en excellente compagnie cette fois-ci y est bien sûr pour quelque chose. On remet ça l'année prochaine? Le film qui m'a le plus plu pour cette édition 2015 est allemand : "Ich Seh Ich Seh" (aussi appelé Goodnight Mommy). Je ne sais pas si c'est parce que mon rythme de visionnage est moins acharné qu'avant, mais je me suis fait avoir comme une débutante et j'ai découvert ce film "d'horreur" multi- récompensé à juste titre avec beaucoup de plaisir.



Enfin, je relis toujours à mon aise les bandes dessinées de mon enfance.
Cette planche reste l'une de mes préférées de tout temps:


Et j'en achète d'autres qui ne sont même pas encore terminées parce que je suis une groupie de merde. Agréable surprise avec mon colis de "la maquette" de la dernière BD Tony Sandoval, j'en ai reçu trois autres qui ont l'air magnifiques que je n'ai jamais lues, je n'ai pas cherché à savoir s'il s'agissait d'un cadeau spontané ou une erreur fortuite qui fait mon plus grand bonheur:


A part ça? Rien.