vendredi 14 novembre 2014

SUMMER DIARIES #8: EVERYTHING LEFT UNSAID


Clôture du chapitre estival (en novembre, tout vaaa biien) avec toutes les choses laissées trop longtemps de côté, le reste d'émotions qui n'ont toujours pas été classée, je procède une fois de plus par catégorie pour essayer de ne rien omettre et tenter de m'en sortir. Ça sent déjà le facepalm juste après la publication puisque je suis une très mauvaise archiveuse, archivatrice? et que je sais d'avance que je vais oublier la moitié.

Cet article date d'ailleurs d'il y a deux mois et je le réveille d'entre les morts histoire d'avancer, l'accumulation commençant petit à petit à m'empêcher de dormir. Le silence a pourtant ses raisons d'être pour l'instant, ayant d'autant plus découvert récemment que je suis bien plus exposée que je ne l'imaginais. Je me dois de rester vague sur ma vie personnelle pour des soucis de tranquillité, et faire attention que rien ne me revienne en mode boomerang en pleine gueule.

Pour ne pas rester trop évasive néanmoins, le gros bouleversement du moment c'est que j'ai changé de travail, et qu'une fois de plus il me faut manifestement plusieurs mois d'adaptation pour retrouver un équilibre et un rythme qui me convienne. Mon sommeil, mon poids et mon humeur sont tous à nouveau complètement irréguliers après des mois d'efforts pour adopter une discipline qui me convienne, et la seule constante qui me caractérise pour l'instant est une profonde fatigue physique et mentale qui me pousse à l'apathie et au seul désir de me laisser vivre et végéter...

Pour commencer, les gros ratages, les objectifs loupés et autres échecs de cet été donc. Nous étions d'abord censés aller au Meraluna en Allemagne après qu'une blogueuse de Los Angeles que je connais depuis l'époque de Livejournal m'aie signalé qu'elle passait par là cet été, ce qui serait peut-être une occasion pour se rencontrer.

J'ai dit oui immédiatement après une estimation du voyage que j'ai bien sûr fait n'importe comment, puisque je me suis rendue compte la veille qu'en fait cela nécessiterait 6 heures de voiture plutôt que les 2 que j'avais envisagé au départ. Je devais être sur l'onglet "avion" de Google Map ou sérieusement dans le brouillard ce jour-là, le fait est que ce fut une terrible déception pour moi parce que je voulais vraiment rencontrer Rachel que j'ai pas mal stalkée à l'époque, et aussi parce que je pensais que j'allais enfin pouvoir rayer Combichrist de la liste des groupes que je veux voir depuis une décennie en live et que j'adore.

Je suis aussi tombée amoureuse de plein d'autres projets musicaux en me renseignant préalablement, The beauty of Gemina en tête de liste. Tout ce que j'ai écouté m'a complètement emballée et l'idée d'y aller me réjouissait 100 fois plus que le fucking Graspop par exemple.J'ai trop négligé mon côté gothique-indus et pendant un mois ça m'est revenu en pleine tronche, c'était à la fois triste et tout à fait plaisant. L'année prochaine peut-être?


Au niveau musique, je m'étais dit comme chaque été que j'allais me cultiver et écouter un album culte par semaine en espérant que mon cerveau imprègne et qu'un jour cela me soit utile. Mon effort avait porté ses fruits il y a quelques années quand j'ai forcé mon intérêt pour la discographie culte du mouvement punk si bien qu'un jour dans je ne sais plus quelle circonstance je fus la seule à reconnaître un morceau des Black Flag ( j'ai d'abord écrit black fag, true story).

Je me souviens en avoir rougi de plaisir, et d'avoir ressenti une immense fierté de ne pas être totalement bonne à jeter à la poubelle, un plaisir qui a duré...deux secondes et qui n'a compensé en rien la panoplie de moments honteux où j'ai admis maladroitement ne pas savoir que c'était du Iron Maiden, Twisted Sister ou du Dio.

Je m'étais dit que j'allais donc réitérer le processus en essayant de m'intéresser un peu plus à Slayer, Black Sabbath, Megadeth ou encore à Testament cet été. Eeeeet...je n'ai strictement rien foutu. Par contre, un jour Seb m'a mis l'album "St Anger" de Metallica dans la voiture en allant au boulot. Après quelques morceaux j'ai dit: "Je sais qu'il a été extrêmement mal reçu lors de sa sortie, mais je trouve personnellement  que cet opus poutre carrément!". 

Seb m'apprend alors un milliard de choses sur le contexte dans lequel cet album a été conçu, de la situation du groupe à l'époque et des rapports conflictuels qu'ils entretenaient. Au plus il m'informe et au plus mes oreilles n'en reviennent pas, je suis hypnotisée par la moindre petite anecdote qu'il détient sur le sujet. Il me propose de regarder "Some kind of monster", le documentaire reconnu à Sundance qui a suivi Metallica pendant toute la conception de cet album et qui détient apparemment des bons cartons bien lourds de révélations sur l'intimité du groupe à l'époque.



Metallica et moi c'est une histoire assez particulière. Je ne m'y suis jamais vraiment intéressée pour plusieurs raisons, le fait notamment que cela avait beaucoup trop de succès et que je n'aime pas partager en amour, et que le monde entier s'était déjà fait une idée sur la chose ne me laissant pas vraiment le loisir d'entamer ce processus que j'aime tant de me faire ma propre opinion.

Pourtant, bizarrement j'ai ce souvenir très vif de chaque fois que le groupe a d'une manière ou d'une autre croisé mon chemin, un peu comme les souvenirs plaisants des ébats amoureux, ou peut-être plutôt des moments de honte intense qui nous marquent à jamais lorsqu'on se rend compte qu'on a vraiment dit quelque chose de stupide 

La première fois j'avais 11 ans, je faisais ce stage de merde de navigation sur des bateaux riquiqui sur un fleuve dégueulasse parce que ma mère voulait se débarrasser de moi pendant les vacances,et je pleurais tous les soirs parce que j'étais la seule fille du groupe qui ne savait pas fermer sa combinaison de plongée parce que j'étais trop grosse. Deux mecs de 15 ans qui encadraient le stage m'ont vu me dandiner sur "tomber la chemise" de Zebda qui passait à la radio alors que nous rentrions au dortoir (dans cet article je voua avoue tout), et alors qu'ils se sont ouvertement foutus de ma gueule je leur ai demandé ce que eux écoutaient. Metallica? Un nom à coucher dehors dont je n'ai jamais entendu parler.

La deuxième fois j'avais 14 ans, j'étais chez mon meilleur ami batteur J. C'était lors de sa soirée d'anniversaire ultra populaire où j'ai croisé tous les gothiques de Bruxelles et où nous avions fini notre nuit blanche affalés dans son salon. J'avais un pull "Anarchy" que je mettais sans relâche depuis deux semaines sans savoir ce que ça voulait dire, et j'étais en train de siroter mon premier café pour ne pas m'endormir. Un type qui avait une machine pour se rouler des clopes a passé en fond sonore quelque chose qui répondait apparemment au nom de "Nothing Else Matters" que j'ai bien pris le temps de mémoriser dans un coin de ma tête. Vers 6 heures du matin J. m'a soudainement hurlé dessus devant tout le monde pour une raison que je n'ai toujours pas cernée en me disant de "me casser d'ici". Je suis repartie seule de Schaerbeek à l'aube les joues pleines de larmes à la recherche d'un tram pour rentrer chez moi sans demander mon reste.

La fois suivante je devais avoir 16 ans et nous étions à ce concert d'Apocalyptica avec Jorge, cet étudiant espagnol qui avait rejoint notre classe cette année et avec qui je m'entendais vraiment bien. La salle scande brusquement les poings levés quelques paroles pour accompagner les violoncelles sur scène. Il nous demande avec son accent du sud "Qu'est-ce qu'ils disent?", et les autres de répondre "C'est une reprise de Master of Puppets".

Aux alentours de mes 18 ans Seb a joué à la guitare "For whom the bell tolls" lors de la fancy fair de l'école dont j'avais été éjectée et où j'avais dû laisser tous mes amis derrière moi. Je portais une robe à pois, des bas résilles, des moon boots poilues, ma coupe Louise Brooks et mon piercing medusa. Tout le monde m'avait regardé de travers à juste titre. Krisztina m'avait couru après pour me dire qu'elle me pardonnait les débilités et les accès de colère que j'avais eu dernièrement, et je ne sais plus si je pleurais de lassitude ou de tristesse en reprenant le métro ce soir-là.

Et puis il y a eu d'autres instants, comme ce type du Rock Classic qui a failli s'étaler sur moi de tout son long en hurlant "Seek and Destroy!", la soirée Mtv Icon avec la reprise de Fuel d'Avril Lavigne. Et enfin le clip de St Anger qui m'a très fort marquée l'année de sa sortie puisqu'il tournait en boucle sur MTv, rythmant la plupart de mes journées, et où j'ai bien dû admettre que cette vidéo ne cessait de me fasciner. 



Tout cet historique dont tout le monde se contrefout pour vous dire que si vous aimez Metallica ou non ou que vous vous en tapez le coquillard complètement, Some Kind Of Monster vaut totalement le détour peu importe votre position ou votre niveau d'intérêt initial et que c'est de loin le meilleur "making of" musical que j'ai vu.

Le contenu est d'une richesse humaine et d'une authenticité frappante, si bien que voir des gens comme eux se mettre à nu avec un honnêteté pareille et sans concession devant le monde entier, ce qui allait sans aucun doute créer un véritable raz-de-marée médiatique et critique, était pour moi profondément choquant dans un monde où tout n'est que préservation des apparences,constamment. Constater que des monstres de la musique sont confrontés aux mêmes angoisses que quelqu'un d'aussi insignifiant que moi m'a profondément émue et une sympathie immense a grandi en moi pour ces artistes déchirés de toute part par un succès devenu trop oppressant et destructeur. 

Le documentaire ayant en deux heures et demi gagné tout mon respect et bien plus encore, j'ai voulu prolonger cette petite bulle d'intérêt et de plaisir en continuant sur ma lancée. Je voulais voir Mission to Lars depuis très longtemps qui parlait d'un handicapé mental dont l'obsession était de rencontrer le batteur de Metallica, Lars Ulrich, souhait que sa soeur va essayer par tous les moyens de réaliser. Ce fût à mon tour de mettre un dvd dans le lecteur et de peut-être nous faire découvrir à tous les deux une autre facette à laquelle nous ne nous attendions pas.



Mission To Lars était tout aussi touchant et bouleversant que le précédent documentaire. Ils sont tous les deux très différents mais renversants d'humanité, et je me félicite de les avoir découverts dans cet ordre,ce qui m'a permis de cerner certaines subtilités et d'être familiarisée à l'historique du groupe et au caractère du batteur dans ce cas ci précisément.

Enfin, nous avons terminé notre saga Metallica avec leur récent live 3D, Through the never, qui mixe des inserts cinématographiques à des extraits de concert. J'étais un peu sceptique au départ parce que je me demandais comment l'un allait vivre avec l'autre, si un aspect allait écraser le reste d'avantage et comment ils allaient réussir à rendre ça intéressant de bout en bout.Mais aussi totalement curieuse puisqu'étant quelqu'un de très synesthésique je transpose au quotidien des scènes visuelles à la musique que j'écoute, ce live étant donc particulièrement intéressant pour moi.

La scène d'introduction m'a laissée totalement sur le cul par sa qualité visuelle et sonore hors du commun. J'ai pourtant une vieille télé qui a bien 10 ans et dont l'écran n'est pas très grand, alors pour me bluffer à travers ce vieux matos, c'est que ça envoie vraiment du gros pâté.Je n'ai pas vu beaucoup de dvd live donc je peux difficilement être critique mais pour un groupe dont je ne suis pas fanatique au départ, m'avoir captivé du début à la fin comme ils l'ont probablement fait veut sans doute tout dire. La présence de Dane Dehaan dont je raffole a aussi je l'admets, pas mal aidé.



Tant qu'on surfe sur les documentaires, j'en ai vu un sur les conseils de Julien qui était absolument fucking fabulous: The king of kong, a fistful of quarters, qui ne me disait RIEN, mais alors là ABSOLUMENT RIEN qui vaille. J'ai mis le dvd en pensant que j'allais me taper l'entièreté de l'historique des jeux sur arcade et que j'allais m'endormir après un quart d'heure. Au 2/3 j'étais complètement hystérique en suivant avec passion le récit de deux personnes dont l'aspiration était de détenir le record mondial du jeu Donkey Kong. Un documentaire extraordinaire qui m'a tenue en haleine jusqu'au bout pour un sujet dont je n'avais au départ pas grand chose à cirer, le critère d'évaluation immuable que vous êtes tombés sur quelque chose d'une très grande qualité.

Je m'égare de la section musicale que je vais donc clôturer avant de me perdre à nouveau dans ma diarrhée verbale avec une habituelle playlist de mes derniers coups de coeur du moment. Mon plus grand amour de l'instant, c'est le dernier Slipknot. Lorsqu'ils avaient annoncés un "retour aux sources" pour le nouvel album, j'ai littéralement levé les yeux au ciel en me disant à moi-même qu'un artiste de plus s'essayait à créer une machine à remonter le temps et qu'à la place des frissons ce ne serait une fois de plus que de la déception. "The Gray Chapter" m'a complètement retournée, obsédée et bouleversée dans son art et sa musicalité. Bizarre de sentir les larves grouiller encore au fond de l'estomac quand on pense qu'elles sont momifiées depuis longtemps, chassez la crasse et elle revient au galop.




DU NEO



DU FOLK & DU BLACK


 DE LA DJENT, DU HARDCORE ET AUTRES OBSCENITES



Sinon quelques concerts de qualitay sont au programme aussi! Certaines choses où j'ai failli m'évanouir lorsqu'elles se sont affichées, et d'autres pour lesquelles on remet le couvert pour la quatrième fois.


Je suis aussi allée voir Alcest dont j'attendais la venue depuis des années. Les conditions étaient un peu étranges ce jour-là puisque c'était la grève générale au niveau des transports à Bruxelles, on a donc mis une bonne heure pour se rendre dans le centre où c'était l'anarchie.Seb commençait à se faire un sang d'encre dans les embouteillages en voyant l'heure avancer, et je lui répétais "ne t'en fais pas, de toute façon ce sera probablement nul à chier!". 

On est arrivés un morceau en retard mais sur les premières notes de "Là où naissent les couleurs nouvelles", l'un de mes morceau préférés, et de tout le set je n'ai jamais dû autant me retenir de pleurer. C'est de loin le concert le plus puissant et bouleversant auquel j'ai assisté, ce groupe m'a transcendé, hantée et hypnotisée bien plus que je ne l'espérais, j'étais incapable d'aligner trois mots par la suite, tremblante d'émotion. Je n'ai jamais reçu une gifle pareille et je n'ai jamais entendu un groupe sonner cent fois mieux en live que sur album, et ce fût leur cas.

J'ai bien sûr beaucoup pensé à toi Fanny, je ne sais pas si tu es à Lille, à Prague ou dans des montagnes de Laponie pour l'instant et si on se reverra un jour, mais tu es dans mes écouteurs, souvent.

Je me suis acheté un t-shirt absolument splendide au merch, et j'ai découvert avec stupéfaction que c'était Fortifem qui s'en était chargé. Je suis l'évolution de sa créatrice depuis une bonne dizaine d'années dans le silence et le respect le plus complet, la soirée a donc pris une tournure encore plus délicieuse et "personnelle" après cela.



Dans un registre complètement différent, nous avons accompagné Juju à un concert de drone dans une église à Gand que j'avais déjà repérée dans le passé puisque c'est un ancien monastère reconverti en hôtel, et que je suis toujours très emballée de reposer ma carcasse satanique dans des lieux de culte. Superbe occasion donc de découvrir l'intérieur dans des conditions musicales et atmosphériques bien particulières, j'ai été complètement charmée par cet endroit magnifique et attend de ce pas un nouveau prétexte pour me rendre dans la ville flamande. La soirée répondait au terme de "Melancholia" et on peut dire que l'ambiance retranscrivait complètement cet état d'esprit.

 Monasterium Poortackere

Nadja en live au monastère


Tant qu'on parle de mélancolie, Julien m'a offert pour mon anniversaire sans doute le plus beau dvd que je possède à l'heure actuelle, d'un de mes films préférés. Je vais surveiller les coréens de Plain Archive de près, toujours emballée à l'idée de collectionner quelques pièces particulières qui donnent un peu de prestance à mes étagères.


Au niveau des films, quatre d'entre eux me viennent en tête dont j'aimerais vous parler. J'ai d'abord vu les combattants sur une simple image d'Adèle Haenel sur laquelle je suis tombée sur un webzine. Je suis tombée amoureuse d'elle du premier regard, me déplaçant jusqu'à la salle de cinéma uniquement motivée par sa beauté. Il m'a fallu quelques minutes à l'écran pour percuter que je la connaissais déjà et qu'il s'agissait de l'actrice du géniallissime "La naissance des pieuvres" dont je suspecte totalement le réalisateur de s'en être inspiré pour créer son film. J'étais déjà fascinée par son rôle d'adolescente à l'époque, je le suis encore plus par son charisme adulte. La première demie-heure des Combattants m'a fait très peur et aurait très bien pu être nul à chier. Le film prend cependant une tournure assez intéressante et inattendue pour que j'en ressorte finalement très satisfaite de ma séance.



Ensuite, il y a le dernier film que j'ai vu avec Kristen Stewart, Clouds of Sils Maria, que j'ai trouvé étonnamment assez déroutant. C'est un film de "conversations", un aspect qui m'a beaucoup plu puisque je pourrais écouter des échanges intéressants à longueur de journée et qu'ici Kristen Stewart discute tout du long avec Juliette Binoche de choses et d'autres. Le plus perturbant sont les multiples mises en abîme du scénario, il y a des similitudes volontaires et évidentes avec le passé et le vécu de Kristen exploitées dans le film qui rendent la chose très intéressante si vous êtes une groupie comme moi et que vous comprenez tous les clins d'oeil évoqués. Mais qui n'auront peut-être aucun intérêt pour ceux qui ne savent pas de quoi il s'agit.



J'admets m'être offert une nouvelle paire de lunettes de vue après être sortie du cinéma. Parce que je suis quelqu'un de totalement influençable et que je pense que deux bouts de verre peuvent me rendre plus jolie (mais certainement pas moins débile). Triste monde tragique.

La paire de lunettes convoitée

J'ai trouvé mon bonheur avec une paire de Claudia Schiffer, je suis la plus fausse gothique qui soit.

Puis il y a Magic Magic que je ne peux "concrètement" pas vraiment vous recommander sinon je vais recevoir des insultes à coup sûr, puisque d'un point de vue totalement objectif je ne suis pas sûre qu'on puisse dire que ce soit un excellent film.

En effet pendant tout son visionnage je me suis demandée à plusieurs reprises si l'intrigue allait vraiment démarrer,et si tout ceci allait nous mener quelque par. Je suis restée coïte sur la fin et un peu bête pour le coup, contente d'avoir pris mon mal en patience. Il s'agit d'un film avant tout psychologique auquel je me suis énormément identifiée. Il joue d'avantage sur les états d'esprit des personnages que sur des rebondissements scénaristiques, abordant (sans vouloir trop vous spoiler) la paranoïa qui peut découler chez certains individus qui ont facilement tendance à se déprécier, et les conséquences qui s'en suivent. Cette phrase ne veut rien dire.

Etant donné que je suis persuadée que tout le monde me déteste à longueur de journée et que j'ai une peur panique de socialiser et de devoir m'intégrer dans des nouveaux groupes, j'ai fait un excellent public cible. Peut-être que ce serait votre cas aussi, ou alor pas du tout, ce qui signifierait que vous êtes quelqu'un de cool et d'équilibré, vous n'avez donc strictement rien à faire ici.



Enfin, le meilleur film que j'ai vu et que je recommande chaleureusement à quiconque lirait ces lignes, c'est le film "Die Wand". Je me souviens avoir mémorisé l'année passée quelqu'un me dire que c'était phénoménal, et que je me suis dit à moi-même "Meh, un énième film allemand sur le même sujet, non merci!". Die Wand, "Le mur" n'est en fait PAS DU TOUT le même mur auquel on pourrait penser, et j'ai failli louper un chef d'oeuvre à cause de mes à priori à la mords moi le noeud.

Je pense que c'est un film qui plairait à beaucoup d'entre vous si vous ne l'avez pas déjà vu (Alva, Amandine, Eli, Anne, Heartsless Witch, Hel, Keir et bien d'autres je vous tague pour le coup). Je conseille de le découvrir à l'aveugle comme ce fût mon cas puisque la surprise et l'émotion furent totales. Mais si vous ne pouvez pas vous passer d'une mise en bouche pour vous convaincre, voilà de la matière. Faites-moi plaisir, matez-le.



La meilleure BD que j'ai lu en date, c'est Vacuum de Lukas Jüliger que j'étais en train de dévorer au crépuscule dans le petit parc de mon quartier. Le gardien est venu me dire, je m'en souviendrai toujours : "Je suis désolée de briser l'éternité de cet instant mademoiselle, mais le parc va bientôt fermer", découvrant ainsi la fin dans un soupir sur les marches de mon perron.


Et j'aime bien ce que Jüliger fait aussi, en général.


Pour tout ce qui concerne les réjouissances personnelles, mes ambitions de road trip tattoo pullulent de plus en plus et (malheureusement) ne s'arrêtent pas. Ma prochaine escale se passera à Cracovie, à cause de Mick qui se rend fréquemment en Pologne et qui m'a vendu la capitale comme la plaine de jeux ultime de l'urbex.

J'ai donc décidé sans aucun scrupule de m'incruster lors de son prochain périple qui se déroulera pendant les fêtes de fin d'année pour profiter de sa présence (et accessoirement de ses bons plans récoltés lors de ses visites passées). Alors que j'étais sur le point de commander les billets d'avion, un souvenir refait brutalement sur face, celui d'un artiste polonais sur lequel j'étais tombée et qui m'avait complètement hallucinée au point de le mémoriser instantanément,marquée par son trait et sa noirceur. Je découvre à mon plus grand bonheur qu'il a en plus déménagé de sa campagne pour travailler dorénavant dans la grande ville, et j'envoie un mail sans grand espoir d'une rencontre éventuelle vu ma demande tardive et la période un peu critique pendant laquelle je compte me déplacer.

La réponse de totoototam est positive et je suis éberluée que tous mes désirs se concrétisent et que les projets au fil du temps s'emboîtent à merveille. J'ai l'impression d'être un peu à la recherche de mes 7 boules de cristal et d'aller récolter des petits bouts de moi au quatre coins de l'Europe. Un prétexte à mes yeux toujours fabuleux, mais des motivations qui le sont par contre un peu moins.Je me rends compte au fur et à mesure que le tatouage chez moi n'émane plus vraiment d'un désir de concrétisation en soi, mais plus d'une démarcation maladive qui me pousse à porter, fièrement certes, les stigmates d'un dégoût que d'autres m'inspirent.

Je ne veux pas vraiment de tatouages parce que je trouve ça cool et que je m'identifie au milieu de ceux qui en portent. Je veux certains tatouages parce que des personnes que je hais n'en ont pas et que je veux m'éloigner le plus drastiquement possible de leur profil et de leur mentalité qui ne me correspond pas. Je ne me définis ainsi pas vraiment par ce que j'aime, mais bien d'avantage par ce que je n'aime pas.

Cette constatation m'offusque puisque j'ai rejeté toute ma vie la théorie de l'auto-mutilation que je trouvais scandaleuse et absurde, alors qu'aujourd'hui l'encre est un peu comme ma clôture électrique. Dès que les contours de ma personnalité deviennent trop propres et que le conformisme me grignote à nouveau sans que je m'en rende vraiment compte, je m'octroie une bonne grosse décharge de temps en temps en espérant retrouver mon équilibre et ne pas m'éloigner du sentier que je m'estime destiné (la laideur et le gâchis). Le problème pour l'instant c'est que j'en suis à une session par mois et que ça commence à me faire peur, puisque c'est le signe indiscutable que je ne suis pas épanouie au point de devoir dépasser des frontières et d'avoir recours à des extrêmes fréquemment pour compenser.


L'hiver s’avérera donc polaire avec la Pologne en janvier et le Danemark en février, j'ai hâte et très peur à la fois. Je tombe aussi au fur et à mesure sur quelques festivals que j'aime, qui me correspondent et qui m'encouragent sincèrement de plus en plus à dépasser les frontières de la Belgique et de découvrir de nouveaux horizons. Tout ce que j'aime ou presque se trouve manifestement dans l'est de l'Europe, c'est donc là que j'irai. J'espère vraiment ne pas me décevoir une fois de plus cette année en ayant recours à la facilité et la médiocrité, mais puisque je me projette plus que je ne vis, la frustration et l'abandon vont probablement me bouffer toute crue de nouveau d'ici l'été prochain.


Je n'ai jamais autant aimé Bruxelles depuis que je peux m'en éloigner de temps en temps. Le gros level up de ma vie de citadine belge pour l'instant, c'est Take Eat Easy que j'ai découvert via les collègues du boulot.

En travaillant dans le retail, on n'est jamais vraiment sûr de finir à l'heure et on est souvent abonné aux heures supplémentaires surprises. Mon alimentation a donc eu beaucoup de diffcultés à s'équilibrer pendant plusieurs mois, puisque j'ai eu beaucoup de mal à m'habituer au fait de partir au travail avant l'ouverture des magasins et de revenir après qu'ils soient fermés. La suite logique c'est que j'ai sombré dans la malbouffe et les pizzas surgelées, incapable de me procurer de quoi manger "sain" et équilibré à 9 heures du soir.

C'est là que Take Eat Easy vient à ma rescousse en regroupant un système de livraison des meilleures adresses de Bruxelles. Il ne faut pas de liquide sur soi et pleurer en cherchant des restants de monnaie en dessous du canapé pour espérer manger, la note s'effectue par Pc Banking, ce qui est FORT appréciable et si notre estomac crie famine on peut suivre à la trace notre coursier sur une carte pour se faire une idée précise de son heure d'arrivée. Que demander de plus? De la mayonnaise en spray, oui,toujours.

J'adore découvrir en ligne les bonnes adresses culinaires qui pullulent autour de moi mais n'ai pas toujours le temps d'aller y faire un tour, cet excellent site web me permet d'avoir d'autres choix que Pizza Hut comme option et d'en plus me proposer la diversité et la richesse des pépites bruxelloises. Manger tardivement n'est plus du tout une angoisse où je sais que je vais me coucher en culpabilisant, mais à présent un réel plaisir que j'ai hâte d'assouvir. A bon entendeur...

Avec une petite préférence pour Knees to chin pour l'instant.

Tant qu'on est dans La-Belgique-ce-pays-très-cool-on-aurait-jamais-cru, je suis allée à Dinant pour la première fois de ma vie à l'occasion de l'enterrement de vie de garçon du pirate (pas sûre que j'aurai l'occasion d'en parler vu la lenteur des publications de mes articles...).

Dinant est DE LOIN la plus belle ville de Belgique que j'ai vu jusqu'à présent. Je me tâte à dire que c'est probablement une des plus belles villes que j'ai vu dans ma vie tout court. Cette ville m'a éclaté le coeur en mille morceaux et grillés les globes oculaires en une soirée, j'attends désespérément le week-end parfait (=celui où je n'ai encore rien de prévu) pour m'y rendre à nouveau et admirer chaque pierre qui compose son paysage à mon aise, sans devoir vérifier qu'une bande de garçons ne se jette pas à tout moment dans le fleuve en crevant d'une hypothermie.

Je ne vous parle même pas de la descente de la Lesse qu'on a fait avec le futur marié qui était une grande première pour moi. C'est sans conteste l'activité la plus géniale à laquelle j'ai pu assister ces dernières années. On ne croirait pas qu'un kayak et une pagaye entre les mains me donnerait l'envie de chialer, mais c'était de la magie, brute, vraie,authentique, incroyable à seulement une heure en voiture de chez moi.

Les conditions étaient idéales puisque nous étions mi-octobre en basse saison, et donc quasiment les seuls à voguer l'eau, profitant dignement du silence et de la nature. J'ai vu des hérons s'envoler à deux mètres de moi, contemplé des rocs gigantesques se dresser à mes côtés, et découvert des châteaux monumentaux dans des tournants sous des feuillages d'automne, et des garçons pisser de leur embarcation.

J'avais l'impression d'être une viking glissant sur les fjords de Norvège, sans aucune exagération, les paysages de Dinant sont renversants, bouleversants, inégalables, me faisant répéter 70 fois sur la journée que j'adorerais vivre ici et qu'on devrait faire ça tous les mois...A approfondir de toute urgence, de peur qu'elle vienne à disparaître et ne se fasse engloutir.

Dinant

Je pourrais continuer mais l'aperçu de Blogger prend dix minutes à se charger, une manière polie de me faire comprendre qu'il est temps d'aller me faire foutre. Je reviens sans doute très vite ou pas puisque j'ai encore pas mal de choses à extirper. J'ai un fameux "triste monde tragique" en attente et le premier mariage significatif de mon existence auquel je vais assister cette semaine. Le temps passe, les gens changent et moi aussi, ça cogite donc sévère Hubert. A bientôt?