mercredi 22 avril 2015

LAST MONTHS IN PICTURES

Un retour en arrière sur ces derniers mois qui furent assez silencieux sans que je ne me l'explique vraiment (ah si, je refais absolument tout chez moi,cela doit être une bonne raison). J'ai ces quelques phases de profonde apathie (après les grands moment d'émotion?) dans lesquelles j'ère et où je n'ai d'autre option que d'attendre que le brouillard se soulève pour pouvoir mettre des mots et des images sur des souvenirs qui se dissipent déjà. 

Premières photos avec un bond en arrière de trois mois, lors du nouvel an avec Juju qui nous est revenu de Londres juste pour l'occasion. Nous avons regardé les feux d'artifice au bord de la mer, dégusté une raclette et joué à des jeux de zombie une bonne partie de la nuit en compagnie d'Hélène, Hughes et Elodie...c'était chouette!


Quelques sorties urbex ont occupé certains de mes week-end par la suite. La première était tout à fait fortuite puisque c'est en me rendant à un repas familial auquel je n'avais pas du tout envie d'aller que nous sommes passés devant un immense internat à l'abandon, la journée n'a plus semblé si mauvaise par la suite. Au premier coup de fil de Micheline pour nous exprimer son manque d'aventures, nous sommes allés l'explorer, et le terrain de jeu ne nous a pas déçu!


J'ai particulièrement apprécié l'accessibilité facile des toits qui a permis de faire de belles scénographies (= comprendre où j'ai posey.) Une partie de ceux-ci était complètement calcinée ne laissant qu'une écorce noire et une structure de cendre très impressionnante où toute ma gloire à Satan a pu s'exprimer. Un collègue qui habite dans le coin m'a dit qu'ils avaient entamé les travaux de démolition/rénovation peu après ma venue. Mon projet d'y retourner pour y organiser des barbecues sauvages sur les toitures en été sont donc annihilés pour de bon.

Le deuxième spot digne de ce nom était sans aucun doute le sanatorium de Basile, dans la Wallonie profonde, sur une recommandation de Juju qui avait eu l'audace et surtout l'impudence de demander à l'un de ses contacts Facebook où le lieu se situait. Celui-ci lui a répondu d'aller se faire foutre comme tout urbexeur qui se la pète se respecte. On a trouvé le lieu en deux minutes. Ça me fait toujours rigoler de voir que l’ego des gens ne tient qu'à une simple recherche Google.

Il n'y avait pas une once de neige de prévue à Bruxelles le jour de notre périple, mais lorsque nous sommes arrivés dans les vallées du sud du pays, de gros flocons ont commencé à former un épais manteau blanc, rendant notre objectif périlleux et acrobatique. J'ai rêvé la Belgique ce jour-là, n'ayant jamais vu de paysages et de tableaux aussi époustouflants que ceux que nous avons parcouru pour atteindre notre destination. J'ai passé tout le trajet collée à la vitre avec l'impression d'être dans des montagnes de l'autre bout de la planète. Le brouillard des vallées, le blanc des sapins, le silence des petites chapelles cachées en forêt m'a donné des frissons et l'atmosphère et le calme étaient exceptionnels. Je dois admettre avoir été profondément mal à l'aise du début à la fin de notre parcours. Nous étions si seuls dans cette immense carcasse que chaque battement de porte m'a donné des haut-le-coeur, chaque crissement m'a retourné l'estomac. J'avais mon argentique avec moi donc je n'ai pas beaucoup de clichés pour illustrer mes propos. Voici néanmoins un paysage représentatif de mon émotion:


Et un témoignage des conditions atmosphériques superbes de ce jour-là:


Sur un fond d'un des meilleurs morceaux de black metal jamais composé, c'est encore mieux:


Janvier fût un mois assez chargé en voyages, découvertes et émotions. Il faut toujours que je vous parle de Cracovie, cette ville qui fût un coup de coeur énorme, inattendu, et qui en fait contre toute attente l'un de mes endroits préférés sur la planète:


Il faudrait aussi que je vous parle plus en détails de l'anniversaire anthologique d'Ophélie. En août passé nous nous étions dit à l'année prochaine pour une nouvelle nuit estivale de folie sur son terrain, et c'est pourtant déjà la troisième fois que nos routes se croisent entre ces deux événements. Je crois que je peux dire qu'on s'aime bien?


L'exposition sur les Vikings au musée Gallo-Romain m'a permis de découvrir un petit bout de Tongres (et de "tomber" sur la superbe église Read between the lines à proximité). Cette sortie culturelle était grisante, pédagogique et inspirante. Je me suis particulièrement intéressée à l'orfèvrerie et les superbes pièces présentées m'ont encouragée à me donner les moyens de me lancer dans un domaine dans lequel j'avance péniblement : la technique de la cire perdue.


Je suis tombée à Tongres sur une plante poilue que je retrouve fréquemment aux abords des quais de gares extérieures. Si quelqu'un sait de quoi il s'agit qu'il se manifeste, je n'arrive pas à trouver le nom de cet étrange spécimen à l'allure assez aérienne et qui ressemble étrangement à une sorte de dérivé de pissenlit.


Je me suis aussi rendue pour la première fois au Trolls et Légendes de Mons, qui fût encore plus décevant que ce que je m'imaginais et qui est un rendez-vous qui décidément ne me ressemble pas du tout. Pour un événement qui se veut pourtant très populaire, j'ai été très déçue par la petitesse du lieu d'exposition et par le grand foutoir thématique qui oscille entre marché médiéval-jeux de société-littérature fantastique-orfèvrerie-cosplay-concerts folk et qui par sa polyvalence donc n'excelle en rien du tout et sers du bas de gamme à tout niveau. J'ai quand même passé une après-midi formidable avec les copains, vautrée dans l'herbe, à déguster des chaussons aux pommes artisanaux et à grignoter du saucisson fraîchement acheté, pas mécontente d'avoir trouvé un prétexte pour sortir en mars (mais en ressortant assez déçue de Mons Expo au final).

Je croise de plus en plus de loups sur les marchés (ou peut-être je ne les remarque qu'à présent?) et l'effet est toujours aussi saisissant à leur approche. Un collègue m'a parlé d'un photographe avec lequel il avait collaboré dans le passé qui en possédait un, et la liste d'emmerdes éventuelles et de conditions auxquelles il est préférable de répondre est bien sûr infinie. J'aime pourtant caresser le fantasme d'en posséder un dans cette vie (lorsque j'aurai le permis, une maison de campagne et que je serai mon propre patron. Vers 90 ans peut-être?)


Plus récemment, le festival Roadburn était absolument fabuleux. Hughes ne m'avait pas menti lorsqu'il m'avait vanté ses mérites en stipulant que c'était de loin son festival préféré. Nous avons pourtant débarqué par l'autoroute hollandaise la plus immonde jamais construite qui me laissait présager le pire, mais arrivés à Tilburg le charme a immédiatement opéré. Le public était respectueux et chaleureux, l'infrastructure des salles était brillante, le son était parfait, et personne ne m'a cassé les burnes pour mon appareil photo ou parce que je parlais français. 

Ce que j'ai préféré par dessus tout c'est probablement l'ambiance de la bourgade qui pendant quatre jours vit complètement au rythme du festival. La petite ville est infestée de metalleux, il y a 90% de corbeaux pour 10% de gens normaux et cela ne semble emmerder personne, tous les commerces se calquent sur l'événement en vous accueillant à bras ouverts sans vous jeter un regard de travers. J'ai ressenti un vif plaisir pour des choses simples : à me promener par exemple dans les rues de Tilburg, totalement à l'aise, ou à manger un vrai repas en terrasse au milieu d'autres profils comme le mien. Un véritable sentiment de bien-être m'a envahi dans cette petite ville qui matérialisait mon monde en chair et en os, et pour la première fois une sensation de vacances s'émanait d'un festival. 


Le roadburn est tellement différent des énormes plaines arides et impersonnelles où le public s'amasse comme du bétail en mangeant un bout de pizza froide sur la terre battue, et j'ai regretté ne pas pouvoir profiter de cette magie et de ces conditions exceptionnelles plus longtemps. Nous avons séjourné à quelques kilomètres de là dans un hôtel d'Oisterwijk qui fût un véritable enchantement. Situé en plein milieu de la forêt, l'établissement Meneer Van Eijck est la matérialisation même du paradis, de toutes mes inspirations et reflète sans doute au plus proche ma conception du bonheur immobilier et du havre de paix. J'ai tout observé, tout retenu, et en me mordant violemment pour ne pas pleurer lorsqu'il fallait partir je me suis promis une seule chose: revenir.

Seb a effectué le premier volteface routier instantané lorsqu'entre le festival et l'hôtel j'ai hurlé en voyant d'étranges enclos en bord de route. Je croyais que le patelin et moi partagions juste une vision similaire de la décoration d'intérieur, avant de percuter qu'il y avait apparemment une vraie passion  dans le coin pour les cervidés de manière générale:


Quant à Wardruna qui était finalement la raison initiale de tout ce déplacement (et à l'origine de toutes ces découvertes!), je n'ai probablement pas le vocabulaire suffisant pour décrire cette expérience dignement. Le workshop d'Einar n'était pas du tout comme je l'avais imaginé, l'échange fût beaucoup plus proche et intimiste que ce que j'avais anticipé, surprise de me trouver à deux pas de la petite scène et non dans une grande salle de conférence. Plus qu'une démonstration simpliste des instruments anciens qu'il chérit, le norvégien a évoqué avec beaucoup d'intelligence son passé dans le black metal, beaucoup d'émotion son approche de la musique, et offert quelques bribes a cappella de morceaux de Wardruna qui m'ont secouée de tremblements.

Le live dans la grande salle en soirée n'était pas un concert, mais un pèlerinage, un lieu de culte, une expérience. En me retournant à la moitié beaucoup de personnes vivaient la chose en transe les yeux fermés. Une fille s'est d'ailleurs effondrée en larmes la représentation finie (la drogue, les amis!). J'étais tellement émue moi-même que je n'ai pas trouvé cela très étonnant. J'ai été particulièrement surprise et soufflée par la voix, la présence et la beauté de Lindy Fay Hella auxquels les enregistrements ne font vraiment pas honneur, c'était comme si je l'entendais pour la première fois, et quelle première fois!



Le roadburn était une petite aventure pour moi, une bien plus grande pour d'autres. Je suis tombée sur deux visages d'internet du bout du monde que je suis très régulièrement que je respecte et qui m''ont beaucoup apporté par le passé. En les croisant j'ai d'ailleurs complètement rejeté l'idée que cela pouvait être elles (avant de les stalker les jours qui suivent et que mon talent pour la physionomie se confirme pour de bon). En effet, qu'est-ce qu'une israëlienne fan de folk et de pagan ferait en Hollande?


Et qu'est-ce qu'une américaine comme Kim Grim Kelly qui bataille beaucoup pour les filles dans le milieu du metal peut bien foutre en Europe?


Quand je croise toutes ces personnalités intercontinentales qui n'hésitent pas à parcourir la moitié du globe pour un festival alors que je me tâte par exemple pour le Midgardsblot qui a l'ai absolument fabuleux (un festival avec Myrkur dans un bâtiment viking d'époque, nom d'une pipe!) parce que le trajet jusque Oslo (et le budget aussi) me décourage. Je suis nulle.


Au niveau culturel, le BIFFF était une fois de plus anthologique cette année. Le passer en excellente compagnie cette fois-ci y est bien sûr pour quelque chose. On remet ça l'année prochaine? Le film qui m'a le plus plu pour cette édition 2015 est allemand : "Ich Seh Ich Seh" (aussi appelé Goodnight Mommy). Je ne sais pas si c'est parce que mon rythme de visionnage est moins acharné qu'avant, mais je me suis fait avoir comme une débutante et j'ai découvert ce film "d'horreur" multi- récompensé à juste titre avec beaucoup de plaisir.



Enfin, je relis toujours à mon aise les bandes dessinées de mon enfance.
Cette planche reste l'une de mes préférées de tout temps:


Et j'en achète d'autres qui ne sont même pas encore terminées parce que je suis une groupie de merde. Agréable surprise avec mon colis de "la maquette" de la dernière BD Tony Sandoval, j'en ai reçu trois autres qui ont l'air magnifiques que je n'ai jamais lues, je n'ai pas cherché à savoir s'il s'agissait d'un cadeau spontané ou une erreur fortuite qui fait mon plus grand bonheur:


A part ça? Rien.