mercredi 16 juillet 2014

SUMMER DIARIES #1: GOING TO A METAL FESTIVAL

Un petit rapport du Graspop et pas mal de digressions musicales par la même occasion qui vont ratisser tous les genres possibles et inimaginables du metal, vous voilà prévenus. Ma relation avec le Graspop a été fidèle à elle-même, je suis passée de l'amour absolu à la haine profonde en quelques instants plus ou moins 20 fois par jour en marmonnant que je n'y remettrai plus jamais les pieds tout en achetant déjà mon ticket pour l'année prochaine, puisque je suis manifestement liée à cette malédiction pour le restant de ma vie. Vous connaissez la chanson, je ne m'attarde pas plus sur le sujet de mes misérables décisions au fil du temps.



Le premier groupe que je vais voir est Powerman 5000 à 11h qui réunit un mix de quelques courageux qui ont réussi à se lever du camping pour ramper jusque la mainstage et quelques fanatiques qui ne louperaient ce retour pour rien au monde (big up à l'emo de 40 ans tout devant pour qui cela semblait être l’événement de l'année).

Je fais partie de la deuxième catégorie et je suis assez médusée de constater l'impopularité du groupe qui est pourtant assez exceptionnel en son genre dans mon coeur, je compte en effet les groupes de néo-metal du cosmos aux costumes cyber punk post apocalyptique sur les doigts d'une main, et sur un bras amputé ceux qui se manifestent encore 10 ans après leur heure de gloire. J'ai sautillé comme une gamine sous la bruine à côté d'une fille qui était manifestement là avec sa maman ce que j'ai trouvé très cool, et savouré un bon  moment de nostalgie dans la bonne humeur et les sourires.



C'était jusqu'à ce que j'aille voir Crossfaith et que je me ramasse une bière à peine entamée sur le visage. , rituel obligé que je déteste toujours autant et dont je suis toujours la cible. Merci à la petite elfe aux cheveux bleus devant moi qui s'est immédiatement enquis de mon bien être, et à Sydney sur lequel nous sommes tombés par hasard en plein wall of death et qui nous a fait un énorme câlin en criant "SALUT LES COUPAINGS!". Crossfaith c'était sans surprise ultra top, leur premier album est mon disque préféré de tout temps pour faire n'importe quel type de sport, et voir les beaux bébés asiatiques de tout près était un vrai régal après notre visionnage en bout de chapiteau au Groezrock précédent.

Mon gros coup de coeur du Graspop est assez inattendu puisqu'il s'agit de Gloryhammer dont je connaissais un seul morceau mais où j'ai pris mon pied du début à la fin. Le power metal c'est pas trop mon dada au départ, m'voyez j'ai pas beaucoup de moyens d'apprécier ou de m'identifier à des textes qui parlent de chevaliers qui dégomment les dragons de vilains sorciers. Je vais rarement au boulot en tapant un galop sur ma licorne ailée, j'éprouve donc quelques difficultés à lui trouver un contexte d'écoute approprié au quotidien, mais dès les premières notes du set de Gloryhammer, j'étais prête à empoigner une épée en bois et à courir dans tous les sens en hurlant des "Yiiiiiii-ah!". L'album passe maintenant en boucle, et je suis hystérique à chaque fois que j'écoute The unicorn invasion of Dundee. Thumbs up aux gamins hardcore qui sont venus juste devant nous effectuer leur petite danse qui leur est propre et qui collait étrangement bien au son et au style pourtant diamétralement opposé.

Voici une photo promotionnelle pourrie  qui résumait bien l'ampleur de mon scepticisme. Pourtant...


J'ai adoré une fois de plus Thy Art Is Murder qui est l'incarnation même de Satan sur terre, je me nourris toujours de leur gros pâté bien grassouillet à la petite cuillère et mes entrailles raffolent toujours autant de leur gros plugs, gros son, gros mosh pit. Je suis une véritable plaie en matière de merchandising, je déteste les 3/4 de l'esthétisme qu'on retrouve sur les t-shirts dans le milieu metal, mais à chaque fois que je vois les fans avec leur vestes et leur t-shirts à leur effigie, je veux tout, absolument tout ramener chez moi.



Je traverse la moitié du terrain plus pour me chercher une pizza que vraiment assister au set de Bring Me The Horizon (même en faisant partie de mes groupes préférés, en toute objectivité en festival ça pue tout simplement du cul) quand Seb souligne qu'Oli Sykes a quelque chose de perturbant dans l'allure et qu'il commence à ressembler...à un homme. Je plisse les yeux, et c'est vrai, des gros muscles s'affichent sur l'écran géant, la mâchoire est très carrée et beaucoup plus accentuée, le cou est maintenant massif à la Corey Taylor et son pas est soudainement très lourd. Ce n'est plus vraiment le petit garçon famélique qu'on a côtoyé pendant toutes ces années, et cette constatation soudaine que nous sommes tous en train de grandir, que la jeunesse s'effrite et qu'il n'y a pas de notion d'immuabilité m'a un peu sonnée.This is sempiternal. No darling, actually, it's not.

Je n'ai plus trop suivi l'actualité de BMTH depuis un moment, j'ai découvert donc sans surprise que la dernière amoureuse en date d'Oli Sykes est de nouveau d'une beauté tout à fait insupportable (et je me demande aussi quand va débarquer cette foutue nouvelle collection de Drop Dead.)

Hannah Snowdon


Après c'est un peu le néant, je m'ennuie sévère pendant plusieurs heures après avoir fait 20 fois le tour du metal market, puisque pas grand chose ne m'intéresse avant le dernier show de la journée pour nous qui sera revoir Rob Zombie. La fin d'après-midi consistera à faire la planche dans la plaine en surveillant les sacs des zonards alentours qui doivent aller pisser et à hurler sur les bourrés qui s'affalent sur toi de tout leur long, n'ayant pas vu qu'il y avait également des êtres humains par terre.

Je n'avais pas beaucoup d'attentes pour Rob Zombie puisque j'avais déjà consommé le show il y a deux ans que j'imaginais en tous points similaire, mais Seb et son incroyable culture ont rendu la soirée délectable en m'apprenant beaucoup de choses sur la nouvelle composition et l'historique du groupe actuel qui comporte pas mal d'anciens membres (battus, torturés et malheureux) de Marilyn Manson,  et aussi sur le matériel incroyable utilisé par ses musiciens.

Rob Zombie
John5
Piggy D.
Ginger Fish


Mon adoration irrationnelle pour le redneck a vite repris le dessus sur la lassitude et la fatigue et j'étais repartie pour un tour. Je suis une grande adepte de monsieur Zombie depuis une dizaine d'années mais même si la musique perd vraiment de ses racines et de son aspect crasseux, au niveau show et esthétisme je trouve qu'il est sans aucun doute au paroxysme de son art. Pas une seule seconde je n'ai su détacher les yeux de tout ce qui se passait sur la scène, les membres étaient tous en cohésion les uns avec les autres, les costumes étaient hors du commun et les maquillages tout simplement brillants. Je ne vous parle même pas de la prestance du bonhomme surtout lorsqu'il a pris le temps de faire un tour dans la fosse pour donner un peu de sa personne aux fans hystériques, son charisme traverse des masses et j'avais envie de pleurer de joie comme une petite fille qui rencontrait le prince des ténèbres. 

Ça a déterré pas mal de choses en moi, des bonnes choses, de celles que j'oublie pourtant toujours très facilement et qui nécessitent de nombreux concerts et de nombreux voyages pour me les remémorer, j'ai besoin de posts-its énergiques et vivants pour me rappeler que je devrais embrasser mes recoins les plus sombres et prendre plaisir à être une freak. Je n'ai plus beaucoup d'hésitations sur quoi que ce soit après ça, et j'ai fait quelques folies que je m'interdisais en rentrant qui impliquaient beaucoup de cuir pour être ma propre rock star.


Après cette bonne note, le chemin du retour m'a par contre mis dans une colère noire, on a croisé un paquet de gens complètement déchirés au volant qui menaçaient à tout moment de voler dans le mur. Je tremblais de haine tellement j'étais indignée et je devais me retenir violemment de descendre pour arracher les clés de ces dangers publics afin de les balancer dans la nuit noire...

Tant qu'on parle de vestes en cuir, il y a un petit film qui m'a beaucoup plu dernièrement qui s'appelle For Ellen et qui repose presque entièrement sur le charisme de Paul Dano qui enfile un costume de rocker enivrant pour l'occasion. Sa prestance rendait à elle seule le film agréable, et j'aurais pu le regarder simplement se déplacer de gauche à droite dans ses vêtements fabuleux qu'il portait à merveille sur un fond de bonne soundtrack glam metal que je me suis surprise à beaucoup apprécier dans ce petit film très touchant.




J'ai eu un paquet de favoris qui ont émergés d'un peu partout tels des mains de morts-vivants lors d'une balade nocturne dans un cimetière. L'une d'entre elles qui est l'une des plus étonnantes et prometteuses du palmarès est un véritable ovni qui s'appelle la patate de la destinée. 

Destiny Potato est l'oeuvre d'un petit gars serbe, David Maxim Micic, qui multiplie des projets tous aussi bluffants techniquement qu'atmosphériquement, et de deux chanteuses aux capacités vocales aussi surprenantes que leurs univers. Je ne saurais même pas décrire musicalement de quel style musical il s'agit puisqu'on passe tantôt de la djent lounge avec des influences ethniques à la soundtrack de disney avec des growls qui viennent s'immiscer. C'est un mélange de grand n'importe quoi passé dans les mains expertes d'un gamin avec un fameux don qui transforme autant d'influences en un pot pourri bluffant et ingénieux. Destiny Potato et tous les side project qui l'entourent sont ce que j'ai entendu de plus frais et innovant de le milieu du metal dernièrement et qui récolte toute mon admiration et mes ridicules félicitations.



David Maxim Micic


Aleksandra Radosavljevic


J'ai aussi été totalement conquise par le groupe Trees of Eternity d'une douceur et d'une poésie incroyable. Leur musique me donne l'impression d'écouter une comptine qu'on entendrait murmurée dans des vallées du grand Nord, leurs morceaux me donnent des frissons à chaque fois et me transportent au-delà des océans.



Dans un registre à des années lumières de celui-ci, les deux nouveaux morceaux de Rise of the North Star sont parfaits de bout en bout. J'attends toujours de leur trouver une mauvaise chanson, et pour le moment manifestement ce n'est pas près de se produire. Mon respect éternel et inébranlable aux super Saiyans du metal qui ne cessent de m'époustoufler dans leur carrière et leurs décisions et que je suis avec toujours autant de passion et d'admiration.


Ça sonne familier, n'est-ce pas? C'est normal.


Nous sommes aussi retournés ce mois-ci voir Amenra lors d'une date plus "conviviale". J'avais en effet un goût amer dans la bouche de ne pas avoir été assez prêt du noyau pour en sentir la totalité de l'arôme.On a été servis cette fois-ci puisqu'on était au deuxième rang dans une salle minuscule à côté du canal de Gand, et que c'était l'épiphanie.

Je n'ai aucun moyen fidèle et certainement pas des mots pour décrire l'effet boeuf qui me traverse quand je vais voir leur prestation, c'est métaphysique, occulte, métallique et ça remonte toute mon échine jusque dans la racine des cheveux. La "Church of Ra" prend tout son sens à présent puisque je suis dans la secte jusqu'au cou et totalement enrôlée. Mon dernier morceau favori en date est Am Kreuz:



Ensuite, un groupe découvert sur le blog de Villfaren qui m'a ensorcelée à la première écoute et qui a bien plus dans le froc que ce que le début laissait présager, SubRosa est dans mon Ipod depuis cette écoute plus que jouissive et convaincante, et ils s'y plaisent très bien.



Comme déjà évoqué précédemment, je ne suis pas une grande adepte de folk ou de metal symphonique à l'origine, la crasse et le mauvais goût me correspondent plus que les filles avec des longues robes de princesse et je préfère les thématiques contemporaines de dépression adolescentes qu'un morceau sur les conquêtes des pirates. Néanmoins, je suis toujours curieuse et intéressée, et j'ai adoré deux morceaux très récents de groupes qui ne m'ont fait ni chaud ni froid ces dernières années. 

Mon oreille est-elle avide et réceptive de sonorités différentes ou les dernières créations évoluent plus dans mon sens pour mon plus grand bonheur? Sais pas. Je suis juste certaine d'une chose c'est que je trouve ceci étonnement très bon:



J'ai aussi eu un ENORME coup de coeur pour Code Orange récemment, un groupe de hardcore punk aux relents sludge totalement monstrueux dont j'attends le nouvel album que j'espère accueillir comme le Saint Graal. Et c'est bien parti: costaud, épais, brutal, en somme une bonne grosse claque dans la tronche  provoquée par des petits kets intimidant que je vais et veux perpétuer.



Je préserve bien sûr mon côté larmoyant et romantique avec beaucoup d'intérêt parmi cette avalanche de gros riffs en privilégiant des acoustiques et des artistes d'une très grande qualité:



Enfin, en allant à Londres, je suis tombée sur un magasin de vinyles où j'aurais tout acheté si je n'avais pas été à sec. Les pochettes de Demdike Stare m'ont complètement happée, son dernier album s'appelle "Forest of evil" et j'aurais donné un rein pour les ramener chez moi sans jamais rien avoir entendu d'eux (d'elles?). 

J'ai l'impression d'écouter la soundtrack malsaine d'une cérémonie cabalistique des années 70 pendant laquelle on aurait fait naître le bébé du diable dans le sang et à la lumière de la bougie. Comprendre: j'adore ce truc, ça me donne envie d'aller faire des danses tribales toute nue dans la forêt sous le clair de lune. Au se-cours.

Liberation through Hearing

Voices of Dust

Forest of Evil


La prochaine fois je vous raconte comment j'ai failli louper le concert de Babymetal. D'ici là:


samedi 28 juin 2014

UNDER THE SKIN

Aujourd'hui le temps était atroce et j'ai passé la journée enfermée et complètement misérable. A 22h, j'ai décidé d'aller au cinéma pour m'évader un peu de ma torpeur. Et vraiment, c'était une excellente, excellente idée. Si vous n'avez pas vu Under the skin de Jonathan Glazer, je pense que vous devriez.


samedi 21 juin 2014

THIS IS MY BODY. THIS IS MY GASOLINE.


Ou comment je cherche des références historiques et où je finis avec un rendez-vous à Copenhague. C'est en cherchant plus d'informations sur la place du tatouage lors de l'ère Vikings juste après avoir vu la série, que je suis tombée sur quelque chose que je n'aurais pas dû approfondir et qui s'appelle Peter Walrus Madsen. Peter Walrus Madsen est danois et a fait de l'empire nordique son style de prédilection, si bien que lorsque vous recherchez de plus amples informations sur l'art corporel d'inspiration islandaise, vous ne pouvez pas vraiment le louper dans votre moteur de recherche.

Vikings, la série.

Beaucoup de choses se sont goupillées après ça. L'amoureux est tombé instantanément sous le charme de son travail qui correspondait aux critères qu'il recherchait chez un artiste au point que cela en devienne presque obsessionnel, et l'illumination soudaine qu'un projet que je voulais concrétiser depuis longtemps serait juste impeccable dans ce genre de mains ont titillé ma plus grande qualité et m'ont poussée à accomplir ce que je fais de mieux  : tirer des plans sur la comète, et être l'esclave irréfléchie de toutes mes impulsions.

Après quelques échanges de mail, c'est maintenant officiel, nous allons tous les deux faire une série d'allers-retours dans le Nord l'année prochaine avec quelques mois d'intervalle entre chaque séance pour tâter du beau danois et concrétiser le rejet de toute une vie : la manchette.

Quelques pièces de Peter Walrus Madsen.

Sur mon bras droit, il y aura la Norvège. J'ai une grosse faiblesse ces derniers temps pour les tatouages architecturaux, et cherchais une manière de transposer mon obsession pour les stavkirke de manière adaptée. Toutes les options me semblaient plates, sans relief, et trop figuratives même si j'adorais par exemple les quelques pièces de MXME en la matière. L'approche de Peter Walrus Madsen plus axée sur le motif et la texture s'est avérée tout simplement idéale pour mener à bien cette idée et produire un résultat cohérent. J'espère ainsi avoir une belle transition entre les ornementations végétales celtiques, les gravures médiévales sur mon épaule à cette sorte d'écaillage de tuilerie sur mon avant-bras qui ressemblera à une peau de bois reptilienne. Je pourrai dormir sereine en ne regrettant plus un jour lointain de ne pas avoir rempli ce foutu bras qui me servira d'armure, et j'espère que les alentours de Bergen m'accueilleront de plus belle quand je reviendrai les voir métamorphosée, je l'espère prochainement.

Architecture médiévale en bois, stavkirke.

Au niveau piercings, j'ai atteint ma taille définitive de plugs, qui restera du 16 mm pour de bon. J'ai mis un an pour passer de 14 à 16 rongée par l'hésitation d'aller trop loin, craintive d'arriver à une circonférence qui distrairait trop du visage. Seb a exactement la même taille que la mienne pour l'instant, et tout le monde a constamment l'impression que les miens sont beaucoup plus grands à cause de mes lobes d'elfes quasiment inexistants, et je prends cette notion bien en compte. Ces deux derniers millimètres étaient juste ce qu'il manquait pour compléter mon visage, et je ne serai normalement plus atteinte du syndrome de l'élargissement aigu qui pousse à vouloir toujours aller plus loin (je ne suis toujours pas guérie de ce virus en matière de tatouages, cependant.)

Puisque ma taille est définitive, je peux enfin me lancer dans des bijoux que je ne devrai pas abandonner par la suite, ce qui me permet d'aller un cran plus loin dans l'esthétisme, et un de moins dans le bas de gamme. Je ne fais pas exception à la règle de la grande communauté pluguée et je suis charmée par les bijoux organiques en pierre, en os ou en bois. Les prix sont néanmoins vite exorbitants, mais j'ai trouvé une boutique qui s'appelle Body Mod Organics où les prix me conviennent (à l'exception d'une paire en fluorite dont les prix sont partout affolants) et où j'ai collectionné les coups de coeur:




Pour continuer tant qu'on y est sur le rambling inutile en ce qui concerne l'apparence, j'hésite depuis un bout de temps à faire évoluer le mohawk en un undercut. Les longueurs de ma coupe sont à présent totalement inégales, et prendre cette décision serait une solution pour obtenir une coupe plus équilibrée quand je décide de les lâcher.

J'ai par contre trouvé une alternative assez réjouissante et pas trop casse-couille pour varier de mon minuscule chignon vite fait, c'est le mohawk version french braid inspiré par la Lisbeth Salander de Fincher que je commence à plus moins maîtriser et qui ne serait plus aussi joli si je venais à me débarrasser de la matière à l'arrière du crâne. J'essaie bientôt la même coiffure en dédoublée, et peut-être qu'après j'aurai le courage de faire vraiment la fille en apprenant à maîtriser des trucs comme une fishtail. Je me tâte donc sur la direction à prendre, et vous n'en avez strictement rien à foutre.

Myhertsgard

Rooney Mara en Lisbeth Salander

Enfin, j'ai attendu cette fameuse matinée où je me réveillerais avec le désir de reprendre mon activité physique en main, et l'été aidant, c'est enfin en train d'arriver. Cette année a été très étrange au niveau de mon poids et assez lourde en révélations. J'ai commencé à prendre beaucoup de poids au début de mon boulot, je grignotais tout le temps, et j'étais tellement fatiguée et à bout de force que j'avais ce sentiment d'avoir besoin d'énergie et de réconfort, ce que j'ai fait en mangeant. Beaucoup de graphistes m'ont dit que c'était normal et que beaucoup d'entre eux étaient passés par là et que mon rythme allait finir par s'adapter. J'étais quand même un peu perturbée par ma prise de masse soudaine, mon incapacité à arrêter et surtout par les petites remarques humoristiques constantes des collègues qui pointaient du doigt qu'à chaque fois qu'ils passaient près de moi j'étais en train de mastiquer.

Un jour je n'avais rien du tout comme liquide sur moi, ni quoi que ce soit à manger et Seb a dû partir subitement en réunion à l'heure de notre temps de midi pendant ce qui me semblait être une éternité, reportant notre sortie déjeuner de quelques heures. Je mourrais de faim et j'étais complètement à l'agonie, je n'avais qu'une envie en tête, qu'il revienne vite pour qu'on puisse sortir s'acheter un sandwich d'anthologie ou mieux, un boeuf entier pour assouvir ma faim.

Et puis, d'un coup, c'est passé. Je me suis rendue compte que le désir de manger avec le temps s'évaporait (après maintes crampes d'estomac pendant une période trop longue, certes), et que la sensation de faim pouvait être dépassée avec du contrôle et une certaine tolérance à la torture.

Les bonnes résolutions du mois prochain.

Cette journée-là a été fort instructive et mon quotidien a pris un tout autre tournant après cette constatation. Les semaines qui ont suivi, je me suis privée de toute forme d'extra en dehors des repas, je tremblais un peu et c'était très difficile, mais la désintoxication aux sucres rapides et apprendre la patience avant de me sustenter à heure fixe était devenu urgent. J'ai observé des collègues qui avaient appris des mêmes erreurs que les miennes par le passé, et j'ai complètement revu mon alimentation en bannissant toute forme de pain, ce qui m'a poussée à diversifier mes aliments et à être plus créative. J'ai révolutionné également mon petit-déjeuner ainsi que le dîner, et avec ses seuls efforts, j'ai réussi à maintenir une silhouette décente et plus fine que l'année passée.

En effet, mon repère corporel pour savoir si je suis dans le bon ou le mauvais, ce sont mes cuisses. Elles se sont touchées toute ma vie, et après mes résolutions sportives intenses de l'année passée, j'avais vu que c'était possible de remplacer la graisse par du vide. Avec ma nouvelle activité professionnelle,fréquenter les salles de sport était presque impossible ces derniers mois, mais avec ce nouveau régime, j'ai quand même réussi à maintenir cet écart sans activité physique. Et c'est une excellente nouvelle, puisque ça veut dire que manger différemment dans mon cas fonctionne et porte ses fruits.

Je pourrais me contenter de la situation actuelle si je n'étais pas une éternelle insatisfaite en quête compulsive d'objectifs déraisonnables et d'idéaux, mais voilà, je veux mieux faire. Et je sais par quoi je vais devoir repasser pour tenter d'atteindre mon but, et j'ai la flemme rien que d'y penser. Pour être plus androgyne et filiforme, je vais devoir recommencer le 30 day shred jusqu'au bout en plus de persister dans mes restrictions, efforts envers la nourriture. Plus légère, le profil de Lisbeth (elle encore!) est un bon objectif duquel j'aimerais le plus me rapprocher pour être en paix et en cohésion avec l'idée que j'ai de moi-même et  celle que j'aimerais percevoir dans le miroir.C'est pas gagné.

Hotpod Yoga à Londres, j'en parle un peu plus bas.

Je continue ma quête des tous petits efforts qui feront la différence en programmant pour le mois prochain le 30 day plank challenge ainsi que le 30 day squat challenge, que j'espère accomplir haut la main! Le planking n'a pourtant l'air de rien est d'un niveau de difficulté incroyable, et ne nécessite que quelques minutes d'investissement par jour, et le 30 day squat a son lot d'expériences et de témoignages convainquants qui me motivent à faire ça bien.

Je tâtonne encore pour trouver un bon équilibre au quotidien et ce qu'il me manque à l'heure actuelle, c'est une activité "sportive" qui me convienne. J'aimerais avoir une motivation hebdomadaire, mais en Belgique, je ne trouve pas vraiment quoi. Je vais bientôt à Londres (plus que deux semaines!) où je vais participer à une séance de HotPod Yoga dont le concept m'enchante vraiment alors que je n'ai jamais manifesté aucun intérêt jusqu'à présent pour ce type de discipline. A Bruxelles on n'est manifestement pas ouvert encore à ce genre de workout atypique, alors je ne pourrai pas continuer si cela me plaît.

J'ai aussi vu récemment un documentaire enivrant sur des américains près des villes côtières qui s'adonnaient à du pilate sur des planches de surf. Au lever du soleil et sur un océan translucide, c'est plus facile de trouver la motivation de se remettre en forme avec ce qui s'appelle le SUP yoga, une discipline un peu plus compliquée que son penchant terrestre où il ne faut pas gérer les mouvements de la mer.

Dans une autre vie peut-être, j'aurai la peau hâlée d'une californienne qui fait attention à elle avec du sel marin dans les cheveux, en attendant à Bruxelles, je n'ai toujours pas trouvé quelque chose qui pourrait m'adopter.





Au prochain article , où il y aura peut-être un peu de Graspop, un peu de Londres et d'autres résolutions estivales qui font leur petit bout de chemin.